mercredi 12 octobre 2011

Cérémonie funéraire


Amka nous signale ce matin que  nous allons nous rendre aujourd’hui dans un village où l’on prépare une grande cérémonie pour honorer plusieurs défunts. Il faut savoir que les morts sont gardés plusieurs mois, voire plusieurs années avant d’être posés dans leur dernière demeure. Nous allons apprendre que les morts sont préparés, embaumés et conservés avant de bénéficier d’une grande fête à leur mémoire où toute la famille, ainsi que les étrangers, sont cordialement invités à participer. C’est ainsi que nous nous rendons en ville pour acheter des biscuits, des cigarettes en guise de cadeau et de respect pour la famille du défunt. Nous y ajouterons également quelques billets comme le veut la coutume.


A l’approche du lieu où se déroule la cérémonie, nous sommes surpris par le  monde et les décorations. Cependant, nous  ne sommes pas encore au bout de nos surprises. Nous serons conviés  à nous rendre au chevet du mort qui repose dans son cercueil, bien heureusement fermé, car ce n’est pas toujours le cas.
Ensuite, nous nous installons avec les invités sur les plates-formes surélevées qui se trouvent sous  chaque maison ou grenier à riz. Nous y dégusterons quelques pâtisseries accompagnées de café, que l’on appelle ici «kopi », reste d’une certaine époque coloniale hollandaise.












Nous admirons les costumes des invités et des membres de la famille qui défilent devant nos yeux avant de participer au moment fort de cette matinée. En effet, quelques buffles seront sacrifiés et égorgés par un maître de cérémonie bien entrainé, le tout sur fond d’invectives diffusées par un haut-parleur. Comme nous ne  comprenons rien, nous ne  saurons jamais ce que signifiaient les paroles et les cris, mais nous respectons leurs us et coutumes. Les photos parlent d’elles- mêmes.









La journée est déjà très avancée et pour nous remettre de nos émotions, nous irons nous balader et nous imprégner des beautés du magnifique village de « Kete Kesu » superbement conservé. 





    

mardi 11 octobre 2011

Nous allons acheter un buffle


Nous avons de la chance, aujourd’hui, c’est jour de marché à Rantepao. Toute la région ou  presque sera présente. L’évènement est attendu par toute la population, car on vient y acheter les plus beaux buffles, non pas pour travailler dans les rizières, mais pour les sacrifier lors d’un enterrement. C’est la raison pour laquelle ils se vendent à prix d’or et certaines familles s’endettent pour offrir au défunt le plus beau des voyages vers l’au-delà. Ce sont les buffles albinos qui sont les plus  prisés et ils se vendent très cher. Les cochons, eux, seront également négociés ferme pour la  même occasion, sauf qu’ils seront tués pour être mangés. Oui, même si nous sommes en Indonésie, le plus grand pays musulman au monde, la partie centrale de Sulawesi est chrétienne ou animiste. Nombreuses sont les familles dont les membres sont de confessions religieuses différentes. Les coqs seront quant à eux  achetés pour assouvir la passion des combats et des paris clandestins.  








   
Les étals, les bâches à même le sol ou les brouettes regorgent de fruits, de légumes et de poissons en tous genres. Nous découvrirons également quelques artisans confectionnant des articles à usage agricole, comme des serpettes, des paniers en osier ou des sangles avec boucle que l’on enfile dans les narines des buffles. C’est un agréable patchwork pour les yeux.










Nan, pharmacienne, admire l’échoppe des médicaments et Oli, fils de gendarme, discute le coup  avec la  police locale. 


L’après-midi, notre guide nous emmènera à travers villages, rizières et grottes à la découverte d’autres lieux de sépultures dont un sera bouleversant.



Pour accéder à Tampangallo, il  faut traverser une rizière et s’enfoncer dans une grotte pour admirer les « Tau Tau » qui veillent sur les cercueils éventrés par le temps. Certains sont merveilleusement  sculptés d’une tête de buffle ou de cochon. Amka, notre guide, bénéficiera également  d’un petit massage improvisé par quelques enfants du village.





Le deuxième lieu de sépulture de la journée se trouve dans des blocs de roche surmontés d’un petit temple au toit tellement typique de la région.




Le troisième sera celui de « Kambira » traduit par "tombe des enfants" et aussi le plus émouvant et particulier d’ entre tous, car on entrepose les petits corps des nouveaux nés dans le tronc d’un arbre.




La journée fût à nouveau bien remplie et riche en découvertes.